Démarche d'achats responsables : la dynamique est lancée

Pourquoi devriez-vous l'initier ?

Alors que les achats représentent près de 50% du chiffre d’affaires d’une entreprise (ADEME), ces dernières s’engagent de manière croissante dans une démarche d’achats responsables, en plaçant la RSE au cœur de leur politique d’achats. Voici les raisons pour lesquelles vous devriez vous engager dans cette voie.

Une politique d'achats responsables, quelle définition ?

Commençons par préciser ce que nous entendons par stratégie d’achats ou politique d’achats. Il s’agit pour une entreprise de « définir des orientations et intentions générales relatives aux achats et approvisionnements, d'un organisme, telles qu'elles sont formulées par la direction de l'organisme acheteur » (définition de l'AFNOR). Ainsi, les achats d’une entreprise répondent toujours à des critères économiques fondamentaux que sont le prix, la qualité, les délais de livraison, les services associés,... Les achats dits “responsables” font entrer d’autres critères dans la politique d’achats en y intégrant trois dimensions supplémentaires, relatives à l’environnement, à la responsabilité sociétale et à l’économie.

Aussi, les critères environnementaux (du type performance énergétique du produit acheté, choix d’emballages recyclables, optimisation des transports, …), ceux qui concernent la société et les questions éthiques (tels que le respect des droits de l’Homme, des droits et des conditions de travail, les problématiques de handicap ou de gestion de la diversité) et enfin les impacts économiques (réduction du gaspillage, durée de vie des produits, ...) sont pris en compte dans la politique d’achats responsables.

Cette démarche intègre alors les problématiques RSE tout au long des processus et des décisions d’achats de l’entreprise et impacte les parties prenantes, et en particulier les relations fournisseurs.

 

Qui est concerné ?

Toute entreprise, quels que soient sa taille ou son secteur d’activité peut s’engager dans une démarche d’achats responsables.

La mise en place de la norme ISO 26000 en 2010 puis la norme internationale ISO 20400 sur les achats responsables en 2017 a encouragé les décideurs à déployer une politique d’achats responsables.

 

Quelle situation aujourd'hui en France ?

Dans son Baromètre des Achats Responsables ObsAR 2022, enquête menée auprès de plus de 250 directions achats, l’Observatoire des Achats Responsables dresse l’état des lieux suivant : alors que 9 entreprises sur 10 se déclarent engagées ou sur le point de s’engager dans une démarche achats responsables, leur niveau de maturité sur le sujet reste toutefois à consolider. Sans surprise, ce sont les grands groupes privés qui sont les plus avancés sur cette question alors que les entreprises qui ne se sont pas encore engagées dans cette voie sont pour ⅔ d’entres elles des PME ou des petites collectivités.

 

Pour quelles raisons devriez-vous initier cette dynamique ?

L’une des raisons principales est celle de l’engagement. La prise de conscience des organisations vis-à-vis de leur responsabilité environnementale, éthique ou encore sociale est croissante. A titre d’exemple, les dirigeants français sont respectivement 26% et 28% à avoir pris ou à avoir prévu de prendre des engagements zéro émission nette (CEO Survey 2022, PwC). Pour 83% des acteurs privés interrogés, c'est d'ailleurs la raison éthique qui est citée comme source principale de motivation dans leur démarche.

La maîtrise des risques pourrait également vous entraîner dans cette démarche : risques éthiques, risques réglementaires, risques fournisseurs, ... Ces risques sont nombreux et peuvent être mieux maîtrisés.

Prenons l’exemple du risque réglementaire : les enjeux climatiques devenant de plus en plus pressants, la réglementation se durcit pour les entreprises et il est fort à parier que cette tendance va se confirmer dans les années à venir. L’Union Européenne a par exemple mis en place le Pacte vert qui vise à revoir chaque loi nationale ou européenne existante au regard de son impact environnemental, via un ensemble de mesures financières incitatives ou restrictives. Or, la récente étude de PwC Société d’Avocats sur le Pacte vert pour l’Europe montre une méconnaissance importante des entreprises françaises sur ce sujet. Dès lors que les organisations sont engagées dans une démarche d’achats responsables, elles ont un temps d’avance sur ces risques réglementaires croissants. Citons comme autre réglementation, le bilan carbone qui s’applique aux entreprises de plus de 500 salariés, ou encore le décret “5 flux” de 2016 qui impose aux entreprises produisant plus de 1100 litres de déchets par semaine et par implantation de trier et de valoriser 5 flux de déchets.

Sur le plan éthique, l’exemple de la catastrophe du Rana Plaza en 2013 a mis en lumière le caractère stratégique que revêtent les relations fournisseurs et a donné lieu à une loi française sur le devoir de vigilance. Si certaines entreprises s’étaient engagées par conviction éthique, elles le sont désormais par obligation légale.

Pour l’entreprise engagée dans une démarche d’achats responsables, l’impact sur son image n’est pas neutre et peut s’en trouver largement améliorée. Les attentes des consommateurs en matière de RSE et de consommation responsable sont croissantes. Par exemple, l’attrait des consommateurs français pour les produits de seconde main a augmenté de 12% depuis 2020 (Global Consumer Insight 2021, Strategy&). Faire de sa stratégie d’achats durables un marqueur d’engagement environnemental et sociétal peut être un véritable atout vis-à-vis des clients à la recherche de transparence et d’engagement. A l’inverse, un faux pas peut rapidement entacher la réputation d’une marque et se répercuter financièrement. Ceci explique que 74% des entreprises interrogées par l’Observatoire des Achats Responsables classent les attentes clients comme facteur expliquant leur engagement dans la démarche, derrière l’alignement avec leur raison d’être (81%) et l’engagement éthique (83%).

Enfin, il ne faudrait pas négliger l’impact positif sur les coûts que peut représenter cette démarche.

En se basant sur une approche de coût total qui prend en compte le produit ou le service acheté sur l’ensemble de son cycle de vie, la vision des coûts est plus juste. Par ailleurs, en intégrant les critères de réparabilité, de qualité, de compatibilité avec d’autres systèmes, la durée de vie des produits achetés est allongée, réduisant ainsi les coûts.

 

Vous êtes convaincu ? À quelles difficultés pourriez-vous être confronté ?

Alors que l'enjeu de la démarche semble être l'objet d'une prise de conscience pour la majorité des entreprises (76% d’entre elles déclarent en percevoir l’enjeu selon l’Observatoire des Achats Responsables 2022), l’étape de formalisation n’est pas encore acquise. En effet, moins de la moitié des organisations ont cartographié leurs enjeux Achats et RSE (⅓ seulement hors grandes entreprises), ce qui constitue pourtant une étape importante dans la mise en action et la crédibilité de la démarche. Or, cette dernière étape passe par un effort de mesure primordial, qui inscrit les efforts dans la durée, donne des indicateurs de progression et motive les équipes. Il semblerait pourtant que ceci ne soit pas encore aisé pour la plupart des entreprises, même si c’est le facteur temps qui est évoqué comme frein principal à la mise en œuvre de la politique d’achats responsables (68% des répondants du Baromètre de l’ObsAR 2022).

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