La démarche Green IT pour une organisation plus performante

Qu'est-ce que le Green IT ? Quels en sont les bénéfices attendus et comment initier cette démarche ?

Le numérique s’est imposé plus que jamais comme clé de voûte de la transformation des entreprises, notamment dans un contexte de pandémie où les contacts humains ont été maintenus grâce au digital. On ne peut donc pas imaginer aujourd’hui une quelconque transformation sans un volet numérique. Ce que l’on mesure moins, et qui revêt pourtant une importance majeure, c’est l’impact écologique de notre transformation numérique.

Le numérique pollue, et il pollue de plus en plus. On estime que ce dernier est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde (5% en France), soit 1,5 fois plus que l’aviation civile. En France, l’impact environnemental du numérique représente 10,2% de la consommation en eau et 6,2% en énergie primaire (Source : Green IT).

À la lumière de ces chiffres, on perçoit plus aisément l’importance pour les entreprises de s’engager dans une démarche plus responsable, d’abord dans un souci éthique mais aussi de performance. En France, la récente adoption fin 2021 de la loi REEN visant à réduire l'empreinte environnementale du numérique montre une dynamique de fond sur ces problématiques et encourage la transformation des organisations dans ce domaine.

Comment s’engager alors dans une démarche de Green IT et rendre son organisation plus performante ? Comment faire converger l’enjeu de transition numérique avec celui de transition énergétique ?

 

1- Qu’est ce que le Green IT ? 

La notion de Green IT est une notion mouvante, qui évolue en lien avec la maturité des entreprises et des parties prenantes sur ce sujet.

La première tentative de définition date de 2009 par le collectif greenit.fr.

Par Green IT, ou numérique responsable, on entend les pratiques mises en place par l’entreprise pour réduire l’empreinte écologique et sociétale liée à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et la communication (NTIC).

Cette démarche de numérique responsable se décompose en 3 volets, possédant chacun leurs propres enjeux et interlocuteurs. Des actions peuvent être menées en parallèle sur ces trois dimensions.

On parle de Green IT 1.0 ou Green for IT pour désigner la démarche de conception numérique responsable ou CNR, qui s’entend à l’échelle d’un projet, d’un service ou d’un produit numérique. Ainsi, les entreprises qui travaillent à optimiser le rendement de leurs infrastructures informatiques, en cherchant à réduire leur consommation, en mutualisant leurs ressources s’inscrivent dans cette démarche Green IT 1.0.

On parle de Green IT 1.5 pour désigner la conception d’un Système d’Information Développement Durable (SIDD), en mettant les Technologies de l’Information et de la Communication au service du développement durable. Le déploiement de logiciels de pilotage de la politique RSE de l’entreprise, une démarche d’achats responsable, …toutes ces initiatives entrent dans le cadre du Green IT 1.5. L’autre volet du Green IT 1.5 vise à réduire l’impact environnemental de l’organisation au sens physique du terme. Aussi, les initiatives de flex office, ou encore l’encouragement au télétravail entrent dans cette démarche.

Avec le Green IT 2.0, on vise la réduction des impacts métiers grâce aux NTIC. On parle alors d’IT for Green. L’utilisation des TIC s'envisage alors dans une démarche d’amélioration continue au-delà de leur propre périmètre, pour créer des éco-innovations de rupture.

Ces trois dimensions du Green IT sont donc complémentaires et les entreprises peuvent engager des initiatives dans chacun de ces domaines.

 

2- Quels sont les bénéfices attendus d’une démarche Green IT ? 

Le premier bénéfice attendu est naturellement environnemental car il est bien question de réduire l’empreinte carbone de son organisation. Toutefois, les impacts économiques sous-jacents sont évidemment présents et ceux réputationnels ne sont pas à négliger.

Une entreprise qui s’engage dans une démarche Green IT et d’éco-conception apprend à mieux connaître ses produits et ses services. Ce faisant, elle peut être amenée à identifier des améliorations liées à la qualité de son produit, à développer de nouvelles fonctionnalités ou encore identifier des nouveaux fournisseurs répondant à une problématique d’achats responsables. Elle peut ainsi être amenée à réduire ses coûts, optimiser ses process et réaliser des économies.

Par ailleurs, les consommateurs sont de plus en plus attentifs au positionnement RSE de l’entreprise. L’image de cette dernière sur ces problématiques va jouer de manière croissante sur l’attrait des consommateurs pour la marque, et in fine sur les ventes. Ainsi, 45% des consommateurs européens déclarent privilégier les marques qui sont clairement engagées dans une démarche de développement durable (Future of Commerce 2022, Shopify). La question de la durabilité des produits mais aussi de leur capacité à être réparés deviennent des critères de choix pour le consommateur, d’autant que ceci fait désormais l’objet en France d’une réglementation obligatoire pour les fabricants (indice de réparabilité mis en place le 1er janvier 2021 dans le cadre de la loi anti-gaspillage de 2020).

Loin d’être un effet de mode, la consommation responsable est une lame de fond qui transforme les comportements des consommateurs. Il s’agit alors de consommer mieux, plus durable, plus local mais aussi de consommer moins. Une récente étude de l’Institute for Sustainable Futures de l’Université de technologie de Sydney détaille ainsi qu’il faudrait réduire de 75% nos achats textiles neufs pour atteindre un objectif de “garde robe responsable”. Ceci est aussi vrai dans l’approche Green IT : la modification des comportements est au cœur de la démarche, en appliquant les principes de la RSE au domaine des TIC. Pour ne pas tomber dans du Greenwashing, il faut accepter de tendre vers une forme de sobriété numérique et transformer ses usages.

 

3- Quelles méthodes pour initier une démarche Green IT ?

Les entreprises peuvent s’appuyer sur deux types de méthodes pour s’engager dans une démarche Green IT.

La première est celle de l’analyse du cycle de vie (ACV) du produit ou du service. On inventorie alors tous les flux entrants et sortants (électricité, matières premières, émission de gaz à effet de serre, …) et ce, durant toute les étapes de la vie d’un produit ou d’un service : fabrication, transport, commercialisation, utilisation, et fin de vie. Des séries de la norme ISO 14040 permettent d’encadrer l’analyse.

Vous souhaitez être accompagné dans cette démarche ? Découvrez Tool for Environmental Assessment & Measurement, le produit PwC dédié à l’analyse de cycle de vie pour une réduction de votre empreinte carbone.

L’autre méthode est celle de l’éco-conception, régie par un grand nombre de normes (parmi les principales, les normes ISO 14006 v2020, NF X30-264, IEC 62430…) et citée comme l’un des objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU, l’objectif 12 faisant référence à des « modes de production et de consommation durables ». Finalement, cette méthode prend en considération les aspects environnementaux du processus de conception et développement dans le but de réduire les impacts environnementaux négatifs tout au long du cycle de vie d’un produit (Norme ISO14006 v2020).

Vous percevez désormais tout l’intérêt de la démarche, mais vous vous demandez comment mesurer l’empreinte carbone de vos infrastructures et établir un plan d’actions associé ?

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